Musique de la Nahda du proche-orient
C’est dans le Caire du XIXe siècle et du début du XXe, dans ses palais, ses salons, ses grandes demeures, ses cafés et ses jardins, que l’art du Maqâm s’est épanoui grâce à la conjonction du soutien du khédive Ismâ°îl (1863-1879) et de ses descendants, ainsi qu’au génie d’un ensemble de chanteurs, compositeurs, instrumentistes et poètes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes à la musique. A leur tête, les compositeurs et chanteurs Abdu al-Hâmûlî (1845-1901) et Muhammad Uthmân (1855-1900) ; et toute une génération de vocalistes et instrumentistes ayant assuré la pérennité et l’évolution de cet art musical entre la fin du XIXe et le premier quart du XXe siècle.
Cette école musicale de la Nahda a été édifiée sur un héritage aussi divers que riche prenant ses racines dans les diverses cultures savantes, populaires et religieuses du Proche-Orient. Le génie de Abdu al-Hâmûlî et de Muhammad Uthmân, principaux initiateurs de cet art, résidait dans leur capacité de synthétiser les multiples expressions musicales dans une stylistique nouvelle d’improvisation et de composition correspondant aux aspirations et au goût de la société cairote de son époque. Si ce mouvement de synthèse a pu s’opérer, c’est grâce au Maqâm, principe musical commun aux cultures orientales, et s’il a pris de l’ampleur, c’est parce que ce courant musical se situait dans le processus global de la renaissance nahda qui concernait à la fois la littérature, les arts, la philosophie, la religion, la politique et la société. |
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